The Weavers - Xavier Antin

Date affichée
Du 14 janvier au 7 mars 2020

The Weavers - Xavier Antin

CAC Brétigny, centre d'art contemporain d'intérêt national

Visuel
Xavier Antin, La Dépense avec témoins, Worker (Kevin), Galerie Crèvecœur, Marseille, 2019 ©Jean-Christophe Lett
Xavier Antin, La Dépense avec témoins, Worker (Kevin), Galerie Crèvecœur, Marseille, 2019 ©Jean-Christophe Lett

Plus qu’une exposition, «The Weavers» est une expérience, l’aboutissement temporaire d’une recherche initiée par Xavier Antin depuis bientôt plus d’un an, en résidence au CAC Brétigny. À la fois machine à produire du texte, expérimentation politique et agencement de sculptures dans l’espace, «The Weavers» confirme un tournant pris par le travail de Xavier Antin depuis plusieurs années. Nourrie par différentes lectures et formations disciplinaires, la pratique de l’artiste tend initialement vers deux directions: expérimenter les processus de production des machines visuelles et scripturales et réfléchir au potentiel narratif des formes. Ce second aspect se construit alors à partir d’une histoire préexistante, connectée aux enjeux socio-politiques de la production et de leurs usages, et s’incarne dans des réalisations formelles: images, sculptures, installations, éditions. Puis, Xavier Antin commence à produire des objets issus de ses recherches sur les processus de fabrication industriels de l’image et de l’écrit qui deviennent eux-mêmes supports d’un récit à venir. La narration s’émancipe et est laissée au spectateur, interprète de l’œuvre.

L’interprétation et l’autorat, motifs récurrents de Xavier Antin, trouvent avec «The Weavers» un nouveau développement. Rassemblées dans l’espace du CAC Brétigny, un groupe de sculptures dotées d’intelligence artificielle composent une communauté, à la fois écosystème politique et lieu d’une expérience d’écriture collective. Paramétrées par Julien Jassaud, programmeur, Camille Pageard, historien de l’art et éditeur, et Xavier Antin pour échanger entre elles suivant des scénarios prédéterminés mais néanmoins assez elliptiques, ces sculptures vont, pendant la durée de l’exposition, produire un récit à plusieurs voix. Le livre résultant de l’exposition[1] retranscrira ces échanges, soit sept semaines de discussions journalières entre les sculptures, nommées *, **, /, ¶, {, ∞ et )). La programmation de ces dernières anticipe autant que faire se peut la matérialité du texte et des voix qu’il figure. L’intention de l’écriture se dissout et se noue entre ce que déterminent les réglages des machines écrivantes, les citations qu’elles puisent dans un ensemble d’ouvrages leur permettant d’apprendre le français, et les interactions langagières advenant entre elles sur le moment.

C’est le groupe des œuvres lui-même qui répond à l’appellation The Weavers, en anglais le nom donné aux tisserands, travailleurs des manufactures textiles, historiquement liés au développement de l’industrialisation et des luttes sociales (les canuts en France, les luddites en Angleterre, etc.). C’est aussi le nom du tisserin, cet oiseau vivant en communauté et capable, de manière innée, de tisser un nid au plan élaboré. Positionnées à l’intersection entre un groupe de travail et des entités pseudo-organiques, les sculptures converseront ensemble suivant plusieurs scénarios abordant des notions telles l’empathie, la mémoire ou encore l’économie. Si leur identité collective et individuelle reste en construction et se déterminera dans l’écriture et l’échange, différents éléments programmatiques et matériels les définissent. Concrètement, chaque sculpture est encodée pour agir suivant des direc-tions à la fois philosophiques et pragmatiques, lesquelles sont, d’une certaine manière, et seulement en partie, figurées par les structures et matériaux qui composent les pièces. Ainsi d’une cloche moulée ornée de mains, d’un convoyeur enfermé dans un aquarium ou d’un simulacre d’ordinateur quantique... À travers l’exposition, c’est la dimension allégorique de l’œuvre de Xavier Antin que l’on pourra appréhender et comment l’artiste articule ensemble les signifiants, signifiés et référents qu’il manipule.

Céline Poulin

[1] Co-édition Tombolo Presses et CAC Brétigny, avec le soutien du Cnap.

Vernissage le samedi 18 janvier 2020 à partir de 17h

Navette gratuite Paris-Brétigny:
Rendez-vous à 17h30 au 104 avenue de France, 75013 Paris (métro Bibliothèque François Mitterrand).
Réservation indispensable: reservation@cacbretigny.com

Entrée libre.
Ouvert du mardi au samedi de 14h à 18h.
Ouverture exceptionnelle les soirs et dimanches de représentation au Théâtre.

CAC Brétigny
Centre d’art contemporain
d’intérêt national
Rue Henri Douard
91220 Brétigny-sur-Orge
+33 (0)1 60 85 20 76

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